Le gras c’est la vie !

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Dans l’imaginaire collectif, le gras rime souvent avec excès, kilos superflus et danger pour la santé. Résultat : les produits allégés ont envahi nos assiettes, au détriment de la qualité nutritionnelle. Pourtant, la réalité est toute autre : loin d’être un ennemi, le gras est un véritable allié de santé. Il nourrit nos cellules, soutient nos hormones, protège nos organes, apporte une énergie durable, facilite l’absorption des vitamines et participe même au bon fonctionnement du cerveau.

Le véritable enjeu n’est donc pas de supprimer le gras, mais de choisir les bonnes graisses et de maintenir l’équilibre : limiter les graisses industrielles nocives et privilégier les graisses essentielles de qualité.

Et si le gras avait été victime d’une terrible erreur judiciaire, condamné à tort comme ennemi public numéro un, alors qu’il est en réalité l’un des piliers de notre santé, de notre vitalité et de notre bien-être ?

Le gras : quel est son rôle dans l’organisme ?

Bien plus qu’une simple réserve d’énergie, le gras est une véritable force vitale. Acteur central de notre organisme, il intervient dans presque toutes les fonctions essentielles, de nos cellules jusqu’à notre cerveau.

L’énergie de fond, véritable socle de l’organisme

Avec ses 9 kcal par gramme, le gras est la source d’énergie la plus dense de notre alimentation, loin devant les protéines ou les glucides. Contrairement aux sucres rapides, qui provoquent des pics de glycémie suivis de coups de fatigue, les graisses offrent une énergie stable, progressive et prolongée.

Le corps utilise en priorité les glucides comme carburant immédiat, mais c’est grâce aux graisses qu’il peut tenir dans la durée. Elles permettent de traverser un jeûne, un effort d’endurance ou tout simplement une journée bien remplie sans s’écrouler. C’est ce qui explique que les lipides soient la réserve énergétique privilégiée de l’organisme.

En d’autres termes : les glucides sont l’étincelle, mais les graisses sont la bûche qui alimente le feu sur le long terme.

Pas de gras, pas de cellules

Chaque cellule est entourée d’une membrane plasmique, véritable barrière vivante qui contrôle les échanges avec le milieu extérieur. Cette membrane est composée à près de 70 à 80 % de lipides, essentiellement des phospholipides, associés au cholestérol et à d’autres molécules.

Ces graisses assurent la souplesse, la perméabilité sélective et la stabilité de la membrane, permettant aux cellules de communiquer, de se protéger et de fonctionner correctement. Sans apports suffisants en bons lipides, les membranes deviennent plus rigides et moins efficaces, compromettant ainsi le renouvellement et la vitalité cellulaire.

En clair : le gras est bien plus qu’un simple nutriment, il est l’un des fondements de la vie cellulaire.

Pas d’huile, pas d’hormones

Ce n’est donc pas un simple carburant mais bien un socle, un pilier de l’équilibre hormonal. Les lipides, et notamment le cholestérol, sont le véritable pilier de nos hormones :

  • Hormones sexuelles :
    • Testostérone et œstrogènes → essentiels à la fertilité, à la libido et à l’équilibre du cycle.
  • Hormones du stress :
    • Cortisol → aide à gérer les situations stressantes, régule la glycémie et l’inflammation.
  • Hormones de la tension et des fluides :
    • Aldostérone → maintient l’équilibre hydrique et la pression artérielle.
  • Vitamine D (hormone stéroïdienne) :
    • Indispensable à l’immunité, aux os et à l’humeur, elle est produite à partir du cholestérol.

Sans apports suffisants en bonnes graisses, la production hormonale se déséquilibre : cycles menstruels perturbés, baisse de libido, fatigue persistante, difficultés à gérer le stress et variations d’humeur.

Pas de graisse pas de vitamines

Certaines vitamines essentielles — A, D, E et K — sont liposolubles. Cela signifie qu’elles ne peuvent être absorbées et utilisées par l’organisme qu’en présence de graisses.

  • Vitamine A → joue un rôle clé dans la vision, la croissance et l’immunité.
  • Vitamine D → souvent appelée vitamine, elle agit en réalité comme une hormone stéroïdienne. Indispensable à la santé osseuse, au système immunitaire et à l’humeur, sa synthèse et son utilisation dépendent des graisses.
  • Vitamine E → puissant antioxydant, elle protège nos cellules du stress oxydatif, c’est-à-dire l’agression des cellules par un excès de radicaux libres (ces petites molécules instables qui accélèrent le vieillissement et fragilisent l’organisme).
  • Vitamine K → essentielle à la coagulation sanguine et à la santé osseuse.

Sans apport en graisses, ces vitamines traversent notre système digestif sans être assimilées. Concrètement : une salade de carottes râpées, riche en provitamine A, ne servira à rien sans un filet d’huile de qualité.

En d’autres termes, les graisses ne sont pas seulement des nutriments : elles sont le véhicule indispensable de certaines vitamines vitales.

Le rôle protecteur des graisses

Les graisses ne se contentent pas d’apporter de l’énergie : elles protègent, isolent et assurent la survie de l’organisme.

  • Protection mécanique : les tissus adipeux entourent certains organes vitaux, comme les reins, le cœur ou même les yeux. Ils jouent le rôle de véritables amortisseurs, réduisant l’impact des chocs ou des pressions mécaniques.
  • Isolation thermique : la graisse forme une barrière contre le froid et participe au maintien d’une température corporelle stable. Bien sûr, elle n’agit pas seule : la régulation thermique repose aussi sur d’autres mécanismes comme la production de chaleur par les muscles ou la circulation sanguine.
  • Réserve vitale : les graisses stockées représentent un capital énergétique stratégique. En cas de jeûne prolongé ou de famine, l’organisme peut puiser plusieurs semaines dans ces réserves pour maintenir ses fonctions vitales.
  • Régulation immunitaire et inflammatoire : le tissu adipeux n’est pas un simple “stock inerte”. Il sécrète des substances appelées adipokines, impliquées dans la régulation de l’immunité et de l’inflammation.

En résumé, le tissu adipeux agit comme une armure invisible : il amortit, protège, isole et participe à l’équilibre interne. Bien loin d’être inutile, il s’agit d’un organe actif et vital.

Pas de gras, pas de cerveau

Le cerveau est l’organe le plus riche en graisses : environ 60 % de sa composition sèche est lipidique. Ces lipides ne sont pas de simples “remplisseurs” : ils assurent la fluidité des membranes neuronales, la protection des fibres nerveuses et la bonne transmission de l’influx nerveux.

  • Fluidité des membranes neuronales : les acides gras polyinsaturés (notamment les oméga-3) garantissent la souplesse et la réactivité des membranes. Sans eux, la communication entre neurones devient moins efficace.
  • Myéline : la gaine qui entoure les fibres nerveuses est constituée majoritairement de lipides. Elle agit comme un isolant électrique, permettant une transmission rapide et fiable des messages nerveux. Dans la sclérose en plaques, c’est précisément cette gaine de myéline qui est détruite par le système immunitaire, entraînant une mauvaise conduction nerveuse, avec à la clé troubles moteurs, sensitifs et cognitifs.
  • Neurotransmetteurs et humeur : les graisses participent indirectement à la synthèse et au fonctionnement de médiateurs comme la dopamine et la sérotonine, impliqués dans la motivation, la mémoire et la régulation émotionnelle.
  • Protection contre le déclin : un apport suffisant en bons lipides, en particulier les oméga-3, est associé à une meilleure santé cognitive et pourrait contribuer à limiter le risque de maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques).

En clair : sans graisses de qualité, notre cerveau perd en efficacité, en mémoire et en stabilité émotionnelle. Elles constituent un allié majeur du système nerveux. 👉 Pour aller plus loin, retrouvez mon article dédié aux maladies neurodégénératives en cliquant ici

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